L'Empire — Les Cent Jours

Premier Assaut

Sous le général Hugo, gouverneur de la place de Thionville et de Metz, le dernier événement important, concernant le Fort, fut l'assaut livré à l'époque des Cent Jours, le 24 juin 1815 par six ou sept mille Prussiens contre quatre cent cinquante hommes dont se composait la garnison. L'ennemi venait du Luxembourg, encouragée par un traître d'Aspelt, qui il lui en avait fait espérer un riche butin.

Les assaillants entrèrent dans le Bourg, et un soldat prussien s'empressa d'enlever le drapeau tricolore qui flottait au-dessus de la tour de l'église, le gardien, pris de peur, en ayant abandonné les clefs.

Le Gouverneur du Fort : le Comte de Varda, organise la défense de la garnison et ordonne le feu. C'est alors que les gardes nationaux, en activité, commandés par le caporal Prugneaux, ne manquèrent jamais leurs coups. Derrière eux, on charge les fusils ; eux ne font que tirer. L'intelligence et l'activité du sous-officier Martin et de l'artilleur Pétinger, sont remarquables et décisives. Ils dirigent et manoeuvrent avec une activité incroyable les pièces de la garnison. Un boulet de canon atteignit un cerisier au pied duquel le caporal Prugneaux s'était arrêté. Cet intrépide dit avec le plus grand calme en remettant un flacon de liqueur à son officier : « Le butor, il pensait m'empêcher de boire ! »

La victoire fut gagnée ; mais il faut dire aussi que la déclivité du sol fut défavorable à l'ennemi et que son feu fut trop rapproché du Front de la Place.

Deuxième Assaut

Le 15 juillet, les Prussiens revinrent au nombre de dix mille. Mais, cette fois, les issues de la ville étaient fermées par des portes neuves et solides : ils ne purent venir s'emparer du drapeau qui flottait de nouveau sur l'église, ni introduire un corps d'infanterie dans la Place ; ils durent se résigner à en faire le siège et voulurent, par la famine, forcer le Fort et la ville à se rendre. Au bout du septième jour, un parlementaire demanda la reddition de la ville ; de Varda se contenta de lui répondre par ses seules paroles : « Voyez, Monsieur, les Prussiens ne nous ont pas encore fait grand mal, et à moi particulièrement, car je n'ai pas une égratignure. » Deux jours après, le siège était élevé, sans combat.

Le Fort de Rodemack fut démantelé à la suite du Traité de Paris en 1815.