Deuxième partie : la Forteresse

Dès la plus haute Antiquité, Rodemack, comme nous l'avons vu, fut un poste militaire et, en 1190, Arnauld HussArnaud Huss : Arnoux Ier (1190, seigneur de Rodemack, eut l'idée d'y bâtir une véritable Forteresse. Remanié à différentes époques, le Fort de Rodemack est bâti sur un terrain escarpé et inaccessible dans toute sa partie orientale au pied de laquelle se trouve le village dominé par la tourelle du château. L'autre partie est protégée par un rempart et une poterne livrant au passage aux piétons vers le bourg. Deux portes en défendent l'entrée.

On n'y voit encore cachots et oubliettes où les criminels étaient enfermés.

Le maréchal de Belle-Isle attachait une grande importance au Fort de Rodemack et, en 1793, il le fit fortifié de nouveau en lui adjoignant des bastions importants.

Les habitants eux-mêmes se créèrent une milice et entourèrent leur demeure d'une enceinte de muraille avec tours, créneaux et mâchicoulis. Ils obtinrent aussi le droit de se constituer un corps de bourgeoisie régi par un Maire et sept Échevins élus entre eux. Un Hôtel de Ville servait aux séances du Corps municipal. Les Bourgeois avaient le droit de porter des armes et devaient monter la garde sur les murs de la ville et faire le guet au donjon du château. Ils coupaient du bois à discrétion dans la forêt. Les cultivateurs charriaient deux à trois voitures de bois, pour le four banal. Ceux de Basse-Rentgen étaient tenus de conduire une voiture de vin au château. Tous les gens du pays en armes devaient garder la Moselle et servir d'escorte aux pèlerins qui se rendaient à la Chartreuse de Rettel. Ceux de Dodenhoven étaient obligés de mener des arbres couverts de feuillages pour la Fête-Dieu. Ceux de Faulbach apportaient des roseaux pour joncher le sol. Les serfs devaient aux Seigneurs : des poules, des oeufs, un cabri, etc., etc.

Première République 1792

Mais tous ces gens étaient souvent l'objet de vexations de la part des Seigneurs ; aussi la population bourgeoise de Rodemack accueillit la Révolution avec frénésie et quand en 1792 l'armée étrangère s'avança commandée par de Brunswick, les deux cent cinquante hommes défendant le Fort, jurèrent de se faire sauter plutôt que de se rendre.

Le Lieutenant-Colonel Laharpe l'affirma mieux encore : « Pour ne point être pris vivant, dit-il, et les armes à la main, laissons entrer l'ennemi et faisons que les débris du Fort deviennent notre commun tombeau ! »

Parmi ces braves figuraient le futur Maréchal Brune, alors sous-lieutenant, et le futur Duc d’Arbrantèsegénéral Junot, duc d’Abrantès, alors simple sergent. Le maréchal Luckner accourut et délivra Rodemack.

De cette époque, Rodemack a conservé le souvenir du passage des troupes alliées. Une foule d'émigrés français, dont Monsieur le Comte d'Artois, passait chaque jour à Rodemack. Ensuite, ce furent dès Autrichiens. Ceux-ci cuisaient leur pain au Fort et les soldats pour se faire du bois, arrachèrent toutes les échalas des vignes du territoire.