Du XVe au XVIIIe siècle

À partir de cette époque jusqu’à la Révolution, Rodemack vécut des temps extrêmement troublés. Les Seigneurs, pressurés par les rançons à payer, ballottés, tiraillés par mille compétitions, en guerre avec les Seigneurs voisins jaloux de leur puissance, ne connurent pas grand moments de repos.

En 1479, même Maximilien d’Autriche (en 1492, ce même Maximilien fut reçu solennellement à la Cathédrale de Metz) empereur d’Allemagne, ennemi du Roi de France entra en guerre avec le Seigneur

GérardGérard III (1439-1492) sénéchal et maréchal du comté de Luxembourg, conseiller de Jean l’aveugle auprès du roi de France de Rodemack

En amitié avec Louis XI. La paix fut signée, mais Gérard, ayant renoué ses relations avec le Roi de France, fut déclaré félon et ses biens confisqués. Cela ne l’empêcha pas de se retirer à Rodemack, d’en ressortir souvent et de piller les pays environnants.

Messins, Lorrains, Luxembourgeois, firent alors une alliance et, après combat, jetèrent Rodemack à terre, ainsi que le Fort Ornelle. Après ce brillant fait d’armes, les messins le samedi suivant 12 juillet se rendirent « en belle ordonnance en la grande église pour rendre grâce à Dieu et à la Vierge Marie et au benoît protomartyr saint Étienne, patron de la cité ».

Mais Gérard, toujours conquérant, releva le nom et les armes de Rodemack, au profit de son petit-fils

BernardBernard III (1533-1536) de Rodemack

Après mille procès, celui-ci leva l’étendard de nouveau contre l’Empereur qui attribua Rodemack à son oncle

ChristopheChristophe Ier de Bade (1492-1527, Marquis de Bade 1492

Bernard en mourut de chagrin.
Des procès continuèrent entre les héritiers de Bernard et Christophe de Bade, pendant que le duc d'Orléans en 1543, s'emparait de Rodemack et y établissait une garnison. Puis Rodemack fut remis à l'Empire et retomba de nouveau entre les mains des Français, en 1551.

Occupée par le Margrave de Bade, en 1556, Rodemack fut reprise d'assaut par les troupes du Maréchal, duc de Guise, par une brèche ouverte contre la principale tour du Château.

Restitué à l'Espagne en 1559 (à cette époque, on trouve à Rodemack le prénom espagnol MagerichMagerich : plus probablement l'avatar d’un prénom espagnol), repris par les descendants des anciens seigneurs. Ce fut

Le Comte de Bade, Philibert1536-1569, 1563

Qui prit enfin possession effective du château et de la seigneurie. (C'est probablement à cette époque que fut bâti le château au milieu du village). Son fils :

ChristopheChristophe II margrave de Bade-Rodemarchem (1569-1575) de Bade

Introduisit la religion luthérienne dans Rodemack et mourut en 1575. Son corps embaumé a été retrouvé en 1782, dans les caveaux de l'ancienne église. Il était intact, portant des bottes à l’écuyère, un pantalon de peau jaune, un gilet de velours rouge en soie, un habit à basques vert, avec le cordon de décoration de Margrave.

Son petit-fils

ErmannHerman Fortuné de Bade (1624-1665 Fortuné

Mort en 1665, épousa Marie-SidonieMarie Sidonie Von Falkenstein, seconde épouse de Hermann Fortuné (1635-1686), comtesse de Falkenstein décédée en 1671. Leur mausolée se voit encore à Rodemack.

Ces seigneurs s'éloignèrent de Rodemack avant l'invasion suédoise en 1636, et firent d'ailleurs à Rodemack des séjours très tourmentés.

En 1656, Rodemack et son château étaient occupés de nouveau militairement par les Français (armée de Condé).

Après encore quelques ballottages, les Français rendirent Rodemack à l'Espagne en 1668, puis la reprirent (Traité d'Aix-la-Chapelle).

Rodemac est, définitivement ville Française. Le château, la forteresse et ses dépendances furent rendus aux Seigneurs de Bade, mais sous la condition de foi et d’hommage à la France, et d'y supporter une garnison française.

Le dernier seigneur de Rodemack fut CharlesCharles Frédéric Bade-Durlach (1771-1796) Frédéric de Margrave en 1782.