QUELQUES POÈMES de la FAMILLE

Dédié à M. Robert Schuman

LE PÈLERIN DE L’EUROPE

Pèlerin de l’Europe,
Vous recousez la paix
Travail de Pénélope
Jour après tout défait

Pèlerin de l’Europe
D’un bleu regard brûlant
Votre flamme enveloppe
Le Prétoire vibrant

Pèlerin de l’Europe
Vous priez à genoux
La Vierge et Saint Eutrope
Pour la France et pour nous.

Se peut-il qu’en Europe
Pèlerin au grand cœur
De sa croulante échoppe
Vous tiriez le Bonheur.

Marcelle-Catherine DENEUXCousine de la branche Michel (DENEUX-LEJEUNE-MICHEL

CHAZELLES

Me voici méditant sous le ciel de Chazelles
Un petit coin de paix dominant la Moselle
Caché tout joliment, dans les mirabelliers.

Malgré ciel bleu, air pur, froid piquant, la Tempête
Chaque nuit, en soufflant, vous fait dresser la tête
Avant que vous éveille un vol lourd de ramiers.

De leurs ailes frappant, caressant les murailles
Ils fuient vers les jardins, déterrer les semailles
Pour revenir gaver leurs petits pépiant.

Si nous faisions comme eux ? le cœur donne des ailes
Le grain enfoui jadis au manoir de Chazelles
Pourrait nourrir encore un joyeux nid d’enfants.

Marcelle-Catherine DENEUX

À ma chère Cousine

UN JOUR DE VERGLAS

Pendant que notre belle cathédrale
Se couvre d’un manteau d’argent
Sur la chaussée glissante je m’étale
Rêvant myosotis, étoile, débordement.

À Chazelles sur le divan je m’affale
Témoignant ma reconnaissance simplement…
À Sainte-Croix je contemple la pierre tombale
Avec tristesse et désenchantement

En fait, je ne connais plus la verticale
Tandis que mes vers sont bien indifférents
Le plus simple est que je cale
Mon esprit est par trop proéminent.

Pierre WACK

 

DISETTE

Que voulez-Vous, Seigneur, qu’à vos Pauvres je donne ?
Pas le moindre sou d’or, et pas un sou d’argent ;
De ma cassette en deuil, mon cœur va s’affligeant,
Et se voue à tous ceux que n’aime plus personne.

Pour la Vieille et le Vieux que le Rire abandonne,
J’irai semant la joie et de mes mains forgeant
L’outil de prévenance et de zèle obligeant ;
Et mon printemps cuira le pain de leur automne.

Je franchirai le seuil qu’ignore l’Amitié ;
Et l’amour, oubliant qu’il fut d’abord Pitié,
Je prêterai l’oreille aux lentes confidences.

Étrennes de bonté, secourable trésor,
Pourrez-vous égaler, pour ces Vieilles Enfances,
Le chatoiement vénal des sous d’argent et d’or ?...

Marcelle-Catherine DENEUX
Le Florilège Oiseau Bleu
1952

En souvenir du 25e Anniversaire
comme Catéchiste missionnaire
à l’ile de Madagascar de notre enfant
Mlle Madeleine Carré dite France

 

SOUVENIR

REFRAIN

Vive notre Jubilaire
Pour elle nos prières
Ah ! Jubilons !
C’est grande fête à la Mission

 

I

C’est Sœur Marie Françoise
Qu’aujourd’hui nous fêtons
Pour elle la meilleure place
Que d’elle il n’est question.

II

En dix-neuf cent vingt-neuf
Toute fraîche elle arrivait
Sous son beau casque neuf
Heureuses on l’acclamait.

III

Pour vite parler malgache
Elle mit de la volonté
Et en dehors des classes
Elle fit des tournées.

 IV

D’ses dix premières années
À Ambatondrazaka
Que d’faits à raconter
Elle en a plein son sac !

V

Et après dans la brousse
Elle fut appelée
À Imerimandrose
Elle alla travailler.

VI

Là encore dix années
De tout son dévouement
Joyeuse elle s’est donnée
À tous ses grands enfants.

VII

Puis un peu brusquement
Sans y être préparée
Reçut son changement
Cet’fois pour Ambilobé.

VIII

La si forte chaleur
Du ciel d’Ambilobé
Enflamma son ardeur
À de bien hauts degrés

IX

Mais sa Mission première
Ayant besoin d’secours
Sensible à nos prières
La voilà de retour

X

C’est pour nous dépanner
Qu’elle nous est arrivée
Sans souci des dangers
Mais bien vite elle a volé.

XI

Et il nous est bien doux
De la voir cette année
Heureuse auprès de nous
Fêter son Jubilé.

 

En mémoire de mes Parents bien-aimés

 

CHAZELLES

LE VILLAGE                           
L’ÉGLISE FORTIFIÉE
              LE MANOIR

 

Ouvrage couronné par l’Académie Nationale

Avant-propos

À tous ceux qui aiment notre petite patrie, je livre ces phrases où j’ai réuni les détails les plus intéressants de notre histoire… Elles auront atteint leur but si mettant en valeur ce gracieux coin de terre tout proche de la grande cité Messine qui fut si chère à tous nos bien-aimés disparus….

 

 

M. C. MICHEL

LA GRANDE PITIÉ
de nos
CIMETIÈRES DE FRANCE

Hier, franchissant la porte monumentale de la route de Strasbourg, j’entrai au Cimetière. Ouvrant sur les routes transversales, l’avenue bordée de cyprès abrite de chaque côté les tombes de « Vieux Cimetière » si cher aux Messins. Hélas… quelle n’en est pas la triste vision… Vision de vétusté, vision de guerre, vision d’abandon, par le bouleversement de ses pierres dans l’enchevêtrement des ronces, des symphorines appuyant leurs baies blanches sur la délicatesse des sculptures, sépultures quasi historiques dont les grands noms se cachent, dissimulés par le lierre, fouillis inextricable, tombes abandonnées où pointent, par-ci, par-là, une croix, un fleuron, une colonne brisée… Et je marchai toujours, et mieux qu’à Marville, - le cimetière incomparable connu du monde entier-, je relevai des monuments splendides : un joyau de pierres sculptées de la base qu sommet, recouvrant un cénotaphe (famille Dagrement)… une colonne élégante et fière abritant les restes d’un officier d’ordonnance de l’Empereur Napoléon 1er (Perret)… le tombeau de l’Abbé Martin, ancien curé-archiprêtre de Sainte Ségolène, rappelant l’ancien portail de cette église, ses fines cannelures d’où émerge, dans un joli sourire, la patronne de la Paroisse… le R. P. Potot dans sa tenue toujours énergique de soldat et de prêtre… tout un noyau de chapelles avec leurs blasons, écussons, envahies hélas par le lierre. Enfin de nombreuses tombes plus modestes, croulantes, désarticulées, frangées de lierre recelant peut-être encore une grenade criminelle.
Devant un tel spectacle, je ne pus retenir mes larmes, souhaitant que la ville de Metz, qui a toujours manifesté son culte du souvenir et celui des Arts, se penche avec émotion vers le « Vieux Cimetière » ressuscitant par ses soins tant de beautés et de gloires qui sombrent dans la misère de l’oubli.

M. C. MICHEL
2 novembre 1954