METZ VILLE GALLO-ROMAINE

Un article de journal

mars 1949

 

Pour réparer un petit oubli…

Le magnifique ouvrage de M. Toussaint m’a permis de reconstituer l’histoire du merveilleux petit Hôtel Renaissance qui se cache modestement dans une cour en Fournirue derrière la librairie de la Bonne Presse. Cet Hôtel fut bâti en 1575 comme le témoigne un écusson ornemental, par l’orfèvre Jean Aubry dont le beau-père Boissard pourrait être considéré comme l’ancêtre des archéologues messins si son goût pour l’épigraphie ne l’avait pas incité à graver lui-même sur des pierres des inscriptions latines qui ont singulièrement porté atteinte à sa réputation. Les bustes surmontant les fenêtres du 1er étage vraisemblablement représentent les propriétaires-constructeurs ainsi que leur femme.

En creusant les fondations de cet Hôtel renaissance, en cette même année 1575, Aubry et Boissard, là et ailleurs, découvrirent des antiques importants.

En Fournirue, ils avaient un champ éclatant offert à leur activité. Voisine de l’oppidum gaulois Divodurum lieu sacré puis chef-lieu des Médiomatrices enfin le bastrum romain, Fournirue repose sur la voie importante de Reims à Strasbourg à l’extrémité de laquelle les fortifications s’ouvraient sur la Porte saillie.

Aussi ne doit-on pas s’étonner du nombre impressionnant de statues, de bustes, de stèles, de dalles énormes, pavés précieux, appareils de fortifications que recelaient et recèlent encore les flancs vénérables de l’ancienne DecumaniNote de Claudine KESTER ; Decumani : dénomination des rues orientées est-ouest, celles orientées nord-sud sont des « cardines ».

De leurs découvertes personnelles les propriétaires de l’époque décorèrent la cour intérieure de l’Hôtel que trois siècles plus tard un de leurs successeurs, Mr Laporte en 1843, fit don à la Bibliothèque de la ville. J’en excepte toutefois et c’est ce qui fait l’objet principal de ce petit article, un magnifique bas-relief en pierre (la Chasse au lion) dont l’orfèvre orna le frontispice de la porte d’entrée de son Hôtel.

À coup sûr, celui-ci n’était pas d’époque renaissance, mais bien gallo-romaine. Parfaitement conservé, il fait l’admiration de tous les visiteurs en général, et de tous les archéologues en particulier.