— Barbé de Marbois —

Dans l’air léger d’automne monte la rumeur de la cité, la grande cacophonie de la ville qui travaille. Rue Fournirue, rue Taison, centres d’industrie et de commerce de Metz, les clients se pressent.
C’est un déroulement de tissus chatoyants, des devantures rutilantes de bijoux, des monceaux de victuailles appétissantes, des sacs de farine, de pois, de fèves, une armée de saucissons, des pruneaux grimaçants, des fruits multicolores.

Dans une épicerie bien achalandée rêve un garçon au beau front penseur. Il semble loin de la boutique paternelle et son regard suit un vol de pigeons. De l’immeuble ou siège de la Propagation de la FoiDans cette maison, un escalier de bois rappelle le passage de Bossuet. presque vis-à-vis de l’échoppe, une dame de qualité sort. Le port majestueux elle s’avance. Le jeune homme la reconnaît. Elle a pour lui un sourire ; que de fois n’a-t-elle pas remarqué sa prestance et son regard intelligent !

Le père s'empresse obséquieux, satisfaisant ses désirs. La dame s’attarde et parle à l’épicier surpris de tant de sollicitude. « Votre fils semble dépaysé dans ce milieu, si vous y consentez, je m’occuperai de son avenir ».

C’est ainsi que ce fils d’épicier put, grâce à sa bienfaitrice, devenir une grande figure de notre cité. Plus tard, il fut anobli et devint Barbé de Marbois. Élu maire de Metz. En 1794 il se distingua par son dévouement pour la Ville. Il y acheta une maison rue des Capucins.

Né dans une échoppe, il mourut à Paris en janvier 1837 dans un hôtel luxueux appartenant à sa fille Duchesse de Plaisance et épouse de Charles François Paul Lebrun. Nos vieux Messins en ont gardé le souvenir. Barbé de MarboisBarré de Marbois, avant de devenir maire de Metz, eu pour le moins une vingtaine de missions très brillantes, dont gouverneur de l’ile Saint-Domingue. a donné son nom à une de nos rues et son portrait figure au Musée de la Ville.