— Metz, époque gallo-romaine, 52 avant Jésus Christ –

Sur la butte isolée, au confluent de la Seille et de la Moselle, dominant des tertres vagues et étagés s'établit en 52 avant J.-C., alors que la Gaule disputait son territoire aux Romains, un 1er établissement humain.

Cet établissement, nommé oppidum, lieu de refuge, d'économie et de religion, lieu sacré des Romains, forma le noyau de la ville qu'on appela Divodurum, nom païen donné par les Celtes signifiant Colline des dieux ou encore Eaux divines. À cette époque, on adorait les fontaines bienfaisantes telles que l’eau ferrugineuse de Bonne Fontaine et les sources salées de Sainte Croix et de Saint-Julien.

Sur les terrasses dominées par la butte, aujourd'hui Haut de Sainte-Croix, notre tribu Gauloise édifia une cité, celle des Médiomatriciens.

Sur ce point culminant de l’oppidum fut bâti le capitole, ou temple de Jupiter qu'encadrait un castrum défensif est un établissement de grand style, dont on découvrit à cette place, bon nombre de matériaux précieux, en particulier des fondations datant de cette époque et qui vers le Xe siècle servirent d'assises pour la construction de notre maison, 10, rue Haut de Sainte-Croix. On garde encore provenant des Thermes, rue des Trinitaires, une superbe cuve en porphyreCette cuve fut désirée par l’impératrice Joséphine pour sa propriété de Malmaison, mais elle resta à Metz qui se trouve à la cathédrale de Metz, et une tête de Jupiter au Musée de la Ville.

Entourant notre butte Haute de Sainte Croix, s’élevait rue des Trinitaires un grand édifice romain comme le témoignent des inscriptions et un groupe : Mercure et un bélier à ses pieds.
Derrière le couvent des Carmélites nous restent des vestiges de riches édifices.
Rue du Haut Poirier, des remblais d’une puissance extraordinaire recouvraient les pentes.
Rue de la Bibliothèque s’élevait un grand établissement de bains avec hypocausteNote de Claudine KESTER : chauffage romain fait d’un dispositif de terre cuite supportant des sols et permettant la circulation d’air chaud..
Place d’Armes de splendides mosaïques, attribuées à un temple dédié à Diane.
Place Saint-Jacques d’énormes dalles ont suggéré l’idée que le Forum messin s’y trouvait et même s’étendait aux rues adjacentes.

Et nous voici Fournirue. Cette rue et celle, transversale, Stratonice Via (rue Taison) aboutissant à l’Oppidum ont été tout le temps le quartier commerçant de la ville par ses ciseleurs et ses drapiers. Ce fut de ces ateliers que sortit plus tard le fameux bouclier, don de Brunehaut, l’anneau épiscopal de Saint Arnoud, perdu puis retrouvé, suivant la légende dans le ventre d’un poisson ; enfin un coffre rempli de bijoux trouvé par un laboureur dans un champ près de Thionville.

D’après M. Thiria il nous est resté de cette époque quelques mots celtiques« Am-zam-gram-pic et pic et colégram-bour et bour et ratatam – mustram » mot dont les enfants ont perpétué le souvenir dans leurs jeux. Le nom celte de Divodurum devint plus tard Metenses, puis Metz ; l’influence romaine s’accentuant de plus en plus, Metz devint une ville considérable, de même que la langue latine devint plus usuelle comme en témoignent les inscriptions sur certains monuments. Trois ou quatre fois Metz, ou plutôt Divodurum fut détruite ou incendiée, rebâtie chaque fois plus belle et plus prospère.

Metz connut une brillante prospérité, attestée par les nombreux vestiges recueillis sur le sol et conservés au Musée Municipal qui a l’insigne privilège de loger dans un milieu d’époque respecté.

Deux monuments nous restent encore :
1) Saint-Pierre aux Nonnains dit « en Citadelle » datant du IVe siècle, la plus ancienne de France. Elle fut bâtie dit-on, avec les mêmes matériaux que ceux employés pour les palais impériaux de Trèves. Son sol nous a réservé la surprise d’un atelier de poteries probablement contemporain du Christ. Casicos aurait été le nom du potier. (Histoire illustrée de Metz).
2) Place d’Armes s’élevait un oratoire dédié à Saint Étienne, qui, comme Saint Pierre, échappa à l’invasion des Huns. Plus tard fut érigée notre Cathédrale actuelle qui porte encore le nom de Saint-Étienne.