— Francin –

Le Clergé séculier démuni de son évêque Laval-Montmorency passé à l’étranger fut remplacé par le curé de Koenigsmacker Nicolas Francin. Né le 20 septembre 1735, il entra au séminaire Sainte-AnneFondé par Anne d’Autriche le 30 mai 1663. et ordonné prêtre à Metz en 1791. Curé de Koenigsmacker en 1768 il prête les serments civiques en janvier 1791 avec son vicaire devant le conseil municipal. Il fut élu évêque de Metz le 3 avril 1791.

À tout prendre, mieux valut que Francin acceptât les conséquences de son serment, car il a contribué puissamment à maintenir la foi et le culte dans le diocèse de Metz.
Fervent patriote, il tenta de concilier le devoir civique et son attachement à l’Église. Chose touchante, il semble avoir toutes ses préférences pour les 1res Communions dont les longues théories blanches se déploient souvent à l’ombre de la Cathédrale.

Grâce à lui, bien des cérémonies consolantes se déroulèrent malgré les défenses dans bien des églises. Francin se refuse catégoriquement au culte de l’Être suprême et défend l’entrée de la Déesse Raison dans sa cathédrale, ce qui lui vaut avec son vicaire général 8 mois de prison dans une geôle infecte à Clermont-Ferrand ;

C’est le régime de la Terreur ; les églises sont pillées et sur les places s’élèvent des feux, brûlant les ornements, les confessionnaux. Heureusement, une partie des trésors de la cathédrale fut sauvée dont la chape de Charlemagne, par des âmes pieuses.

Quant au clergé séculier, il faut bien le dire, des défections eurent lieu, causées surtout par la crainte des représailles. Ne citons ici que Bauzin, vicaire général de Francin qui dès la 1re année de la Terreur, quitta l’épiscopat et acheta Préville, château dépendant de Moulins et s’y maria. Pourtant il fut aimé des fidèles par son zèle et sa charité.

À sa sortie de prions, Francin, infirme et malade se réfugie à Woippy, d’où il continue à exercer son ministère infatigablement. Terrassé par la maladie, il est obligé de s’éloigner de ses fonctions épiscopales et devient curé de Notre-Dame à Metz. Un mois après, il mourut en septembre 1802. Enterré au Cimetière de Belle-Croix, il fut plus tard transféré au Cimetière de l’Est. Son monument fort simple présente une pyramide portant les insignes épiscopaux, avec l’inscription :

D. O. M.
Ci-git le Révérentissime Père en Jésus-Christ
Nicolas Francin
Élu évêque du département de la Moselle
Par la Constitution française.
Une piété apostolique, des mœurs douces,
Une bienfaisance exemplaire
Furent ses vertus.
Il décéda pasteur de l’église Notre-Dame à Metz
A l’âge de 67 ans.
Un respect général honore sa sépulture.
Le 24 août 1802 : 6 fructidor an X
De la République Française
Priez Dieu pour son âme.

Ses successeurs ? Monseigneur Bienaimé, puis Monseigneur Besson qui encouragea les Visitandines à s’installer sur notre Sainte Montagne. Nous en reparlerons.