— Clément, 1er évêque de Metz, 311 après Jésus Christ

Venant de Rome, Clément arpente à grandes foulées le plateaude Gorzia. Il fait bon et chaud, l’air s'imprègne du parfum d’œilletssommeillant dans les creux des talus et de bruines rosées, qui vagabondent de-cide-là.

Le personnage admire ces magnificences et s'agenouille, ilprie ! À l'horizon c'est l'éblouissement d'une ville fastueuse, sesmonuments, ses tours, ses eaux ruisselantes. Puis, tout à coup la visionchange. La ville païenne disparaît et est une floraison magnifique de clochers,de croix, de campaniles. Clément se relève lentement et, ô miracle, ses genouxse sont incrustés dans la terre glaise et peu à peu la marque, qui setransforme sous le souffle bienfaisant en matière dure, est pétrifiée.

Le souvenir de Saint Clément en contemplation devant le Paysmessin restera à la postérité. Le temps passe, Clément descend les pentesverdoyantes et suit le tracé des belles arches ruisselantes d’eau quiconduisent au port ; il se rafraîchit à la piscine de Jouy, y plonge ses mainssi bien faites pour la prière et s'éloigne encore... Sa ville épiscopale estproche. Et dans le lointain s’estompent de lourdes vapeurs blanches striées defigures étranges, qui passent et disparaissent enfin à l'horizon, ce sont lesderniers druides qui à Metz font place à la loi évangélique.

À Metz, Clément construit l'oratoire Saint-Étienne, sur l'emplacement du temple de Diane, Sainte-Marie aux Nonains dans les Arènes, et Saint-Pierreaux NonainsÀ la citadelle qui chaque soir illumine à la douceur deses cierges les lourds piliers soutenant sa voûte majestueuse.

Mais en ce jour, qui va devenir historique, Clément s'avanceseul vers le centre de la Villeet monte la partie qui pendant tant d'années est restée l’Oppidum.