Le général baron SIMMER

Extrait de la Page Lorraine du 17.01.1928

Né à Rodemack le 7 août 1776, de Martin SIMMER, négociant et d'Élisabeth SCHILZ, le général François Valentin Martin SIMMER s'engagea à 15 ans, le 7 novembre 1791, dans le 4e bataillon de la Moselle. Son père, président du district de Thionville put, grâce à la belle bataille de son fils, le faire recevoir sous-lieutenant au 7e régiment de grosse cavalerie l'année suivante. SIMMER fit toutes les campagnes de la République jusqu'en 1800. Au siège de Maastricht, une balle lui cassa le bras droit, il reçut une seconde blessure dans un combat vers Menin. Lieutenant le 18 avril 1794, on l'envoya à l'armée des côtes de Cherbourg. L'année suivante, le 11 août 1796, adjoint à l'état-major général, puis capitaine le 5 novembre 1797.

Le 14 août 1806, la décoration des braves brilla sur sa poitrine. En 1804, il avait été embarqué avec l'armée d'expédition de Brest.

Tous les champs de bataille le virent au feu. Après la paix de Tilsitt, une mission de confiance lui fut donnée pour Constantinople. Le sultan lui accorda la décoration du Croissant.

Le 1  février 1807, il est attaché à l'état-major du prince de Neuchâtel, comme chef d'escadron. À Eylau, deux coups de biscaïen l'atteignirent et la croix d'officier fut la récompense de son courage. En 1808, on le vit dans le Portugal, il entre le second dans la forteresse d'Evora (en juillet). Il tenta en vain de pénétrer dans Bacajoz et suivit le général LOYSON dans sa marche sur Asrantès. MURAT le chargea ensuite de conduire en France la malheureuse famille royale d'Espagne. SIMMER sut concilier les devoirs d'un officier avec le respect dû au malheur.

À Wagram, il reçut de Napoléon le titre de baron et le grade de colonel. En haut des tours de la cathédrale de Vienne, il avait suivi tous les mouvements des Autrichiens.

Le 24 janvier 1811, à la paix, chef d'état-major de la division de Metz, mais il ne resta pas longtemps dans cette ville, car il fut chargé avec une colonne mobile de faire partir les déserteurs et les réfractaires dans la division de Clermont-Ferrand. Il s'acquitta avec beaucoup de prudence de sa mission et il s'attira l'estime du pays. Il s'y maria avec une fille d'un conseiller des aides d'Auvergne, Madame TOURNADRE de NOUAILLAT, veuve de Monsieur Alexandre d'ATHID. La guerre de Russie montra encore le courage du général.

Il fit cette campagne comme chef d'état-major de la 5e division du 1er corps d'armée. Deux coups de feu l'atteignirent au combat de la grande Grande Redoute ; le 18 octobre, il est nommé général de brigade et le 18 novembre suivant, il a encore deux chevaux tués sous lui.

Après le passage de la Bérésina, SIMMER escorte le grand parc d'artillerie jusqu'à Wilma, puis on le nomma gouverneur de Glogau. Il reçut alors une brigade de Napolitains (division Charpentier) et il fut de l'avant-garde. L'empereur passa sa troupe en revue à Lutzen et lui demanda ce qu'il voulait — 120 croix de chevalier, 10 d'officiers et le titre de baron pour le colonel du 22e — ce qui lui fut accordé. Il n'avait rien demandé, mais Napoléon le créa général de division, grade qu'il refusa par modestie : la croix de Commandeur (4 mai) le récompensa.

Le 23 août suivant, blessé au combat de Goldberg, il alla se guérir aux eaux de Wiesbaden.

À la campagne de France, il avait sous ses ordres la gendarmerie des départements envahis.

Sous la restauration, il commande dans le Puy-de-Dôme où il avait des propriétés, et fut fait chevalier de Saint-Louis.

Aux Cent Jours, il partit pour Lyon rejoindre l'empereur. À Waterloo, il tint tête pendant six heures avec la division qu'il commandait au corps de Blücher (attaque des Quatre Bras, corps de Lebeau). Il battit en retraite jusqu'à Laon et fut ensuite de l'armée de la Loire (Tours).

Interné ensuite au Mans sous la surveillance de la police ; puis en 1824, admis à la retraite comme général de brigade, il avait 48 ans, 24 ans de service effectifs et 5 blessures !

Il se fixa en Auvergne, à Biom dans sa belle campagne de Varennes-sur-Morge. Ses nouveaux concitoyens le nommèrent député le 11 juin 1828 ; il fut de la gauche modérée. La révolution de juillet lui rendit son grade de général de division, et peu après Biom le choisit comme représentant à la Chambre.

Atteint d'une maladie grave, il crut devoir se rendre à Paris pour se faire traiter ; mais il y mourut le 30 juillet 1847.

Son corps fut transporté dans sa maison de campagne et ses obsèques montrèrent combien il était aimé et estimé. Les pauvres, dont il était le bienfaiteur ardent, suivaient en pleurant son cercueil.

Le comte Martha BECKER, député du département, son collègue au Conseil Général et son neveu Étienne, député de la Meuse, prononcèrent sur sa tombe des discours éloquents.

La lithographie a reproduit les traits du brave général SIMMER qui passait pour un des plus beaux hommes de l'armée.

 

La maison natale du général baron SIMMER à Rodemack.

  

 

M. C. MICHEL