Famille LEMOINE

Légende de la famille LEMOINE

Raconté par Marie-Anne LEMOINE à Anne-Marie Célestine MICHEL pendant son enfance.

Est-ce une légende ? Est-ce la réalité ?

Quoi qu'il en soit, j’en fais le récit tel qu’il m’a été conté dès ma jeunesse par ma grand-mère Marie-Anne LEMOINE. La tradition vaut l’histoire.
Une jeune Lorraine, descendante des environs de RAVILLE, d'une longue lignée de cultivateurs lorrains, renommée par sa beauté, sa santé et sa bonne humeur, quitta son pays et vint à Paris, au Louvre, pour y donner des soins au jeune duc de Berry, futur Louis XVI, fils du Dauphin Louis et de Marie-Josèphe de Saxe, sa mère.

La jeune Lorraine connue sous le nom de AUBERTIN dame LEMOINE devint la nourrice attitrée du jeune duc, prince de Berry. Par ses soins dévoués et consciencieux, elle mérita la reconnaissance de Marie-Josèphe qui voyait à vue d'oeil prospérer son enfant. Le Roi l'anoblit et son nom devint LE MOINE.

Nous ignorons les à-côtés du mariage de dame LE MOINE. Quoi qu'il en soit, un de ses descendants devint valet de chambre du roi et de LE NÔTRE.

Hélas, on parle dans de très tristes circonstances de LE MOINE.

En cette date, comme d'habitude, il vint à 7 heures dans la chambre du roi y procéder à son réveil. Il constata avec stupeur que le lit était vide, se hâta d'en informer le duc de LA FAYETTE.

Ce fut une des multiples causes de l'arrestation du Roi à Varennes. Désespéré de son acte inconscient, il quitta le palais et se réfugia à PONTIGNY.
C’est à cette époque qu’on vit apparaître nous dit la tradition un homme débraillé, hagard et pleurant son acte. Il finit par oublier l’acuité et, après la Révolution, se maria.

Son fils Jean épousa Anne RENARD (1795-1852).

Ils eurent pour fille ma grand-mère Marie-Anne LEMOINE (? 1892) et Dominique LEMOINE.

Il est donc bien naturel que ma grand-mère, le sachant de son Père souvent m’ait dit : « Tu sais, sa grand-mère était nourrice de Louis XVI ». De même une très vieille femme priant au Cimetière de Mussy-l’Evêque en désignant la tombe des AUBERTIN : « C’est ici qu’est enterrée la nourrice de Louis XVI ».

Famille LEMOINE du côté de ma mère
Par Anne-Marie Célestine MICHEL
Pierre tombale à Mussy-l’EvêqueMussy l’Evêque : Ancienne commune de la Moselle qui a fusionné en 1810 avec Charleville-sous-Bois. :

CI-GIST HON
NESTE HOMME
JEAN AUBURTIN
LABOUREUR AGE DE
44 ANS QUI
MOURUT LE 17 OCTOBRE 1634
PRIEZ DIEU POUR SON AME

Remarques sur la famille LEMOINE

Il est à remarquer que toutes mes aïeules portent le nom de Anne. Il s’est éteint malheureusement dans les nouvelles jeunes familles ainsi que la particule. (1900)
Je garde une photo de Anne RENARD à côté de ma mère.

Celle-ci, pieuse dévote, avait été tentée par le diable, dit-on, pendant qu’elle lisait ses prières dans un vieux missel, elle le repoussa, celui-ci en guise de représailles appliqua ses doigts sur le missel, pieusement gardé par la famille Nicolas SIMMER. Ma grand-mère, Marie-Anne LEMOINE-SIMMER possédait le respect et l’amour de sa famille et de ses vieilles traditions, intelligente et spirituelle comme tous les LEMOINE ; elle était douée d’une activité et sous une apparence froide elle nous aimait ardemment. Elle repose à côté de mon cher grand-père au cimetière de Rodemack.

La particule LE fut abandonnée par la famille à la Révolution, et cependant on en trouve encore les vestiges, vers 1900 dans les marques de certains vieux linges.

Vraisemblablement, un des frères LEMOINE 1875 émigra à Marly, le dessus de la porte d’entrée de sa maison était surmonté d’un magnifique bouquet de fleurs. J’en fis prendre l’empreinte et transporter à Chazelles. Cette famille comportait, paraît-il, sept fils !